Anecdotes pédagogiques #2

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Pédagogie sur-mesure adaptées aux décrocheurs scolaires

Celle-là est plus récente et carrément différente de la première. Pas de main qui se glisse subrepticement dans le caleçon. Pas de rouge aux joues. Pas de noeud dans le cerveau du style OH MY GOD MAIS COMMENT JE VAIS ME SORTIR DE CETTE SITUATION ? J’AURAIS TELLEMENT PRÉFÉRÉ N’AVOIR RIEN VU ! Une simple non compréhension prof – élève.

Une anecdote qui a trait à un sujet auquel moult parents, membres du corps enseignant, “grammar nazis”, joueurs de scrabble, etc. seront sensibles. Ils en ont même parfois la larmichette au coin de l’oeil. Quoi ? Moi ? Dramatique ? Jamais.

Mais quand à 15 ans, tu parles avec une syntaxe pire que celle des Ch’tis à Marseille, que ton orthographe doit être décryptée comme les hiéroglyphes, sans le privilège d’une Pierre de Rosette sous le coude ; laisse-moi te dire que OUI, tu te fais des cheveux blancs.

Parce qu’autant je veux bien gagner en souplesse (I am a grammar nazie et joueuse de scrabble et membre du corps enseignant, je cumule), autant quand cela entrave la compréhension et de fait, la communication, ça devient réellement problématique.


Alors voilà, mon anecdote, elle parle d’O., très chouette jeune fille, pleine de vie, d’envies, de volonté, d’enthousiasme. Elle parle aussi et surtout d’O., jeune fille qui cherche à tous prix (mais pourquoi, Ô pourquoi donc ?) à se la jouer Proust, tant à l’écrit qu’à l’oral. Sauf que Proust, 1) maîtrise de la ponctuation : check, maîtrise des subordonnées relatives : check, maîtrise de la cohérence des temps : check, 2) a fait de son style sa marque de fabrique, dont nombreux français chantent les louanges mais dont de nombreux autres lui trouvent un côté quelque peu pompeux et pédant, certes dompté, et néanmoins, passer à la postérité.

Alors please, please, please, pour éviter que nos petits yeux ne saignent des larmes de douleurs franciscales, (oui franciscales, on crée des apax ici) : dans l’art d’apprendre l’écriture, faire des phrases courtes est salvateur pour TOUS les partenaires de l’exercice.

Je t’entends déjà maugréer depuis ton écran d’ordi : elle est mignonne, elle, mais faire des phrases courtes ça veut tout et rien dire. 

Aller, j’suis sympa, je te donne l’astuce que j’ai mis en place avec O. et qui a marché du feu de Zeus !

Chaque jour était prévu un temps de lecture et un temps de résumé. On a mis en place un challenge qui a évolué au fil du temps. Dans son résumé je devais trouver 2 phrases de 6 mots, soulignées en rose. 2 phrases de 8 mots, soulignées en violet. 3 phrases de 10 mots soulignées en jaune. Il nous a fallu réadapter le nombres de pages lues, identifier ensemble comment synthétiser l’information. Cette contrainte extrêmement forte est devenue un jeu tel qu’il s’est retrouvé décliné un peu à toutes les sauces de tous les exercices de rédaction qui lui étaient proposés !

En 6 mois, nous sommes passées d’une mécompréhension quasi totale de ses écrits à des textes clairs, ayant considérablement vu diminuer les erreurs, notamment d’accords, extrêmement nombreuses quand tu cherches à faire de longues phrases alambiquées (et qui sont celles qui, je trouve, apportent le plus de confusion dans la compréhension).

Ces formats d’extrême contrainte, j’en ai testé de nombreux dans des temps d’écriture créative et cela m’a permis de d’aider des élèves qui n’osaient pas / plus écrire à reprendre le stylo et oser se lancer dans la rédaction ! 

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.