Mon ado décroche : ma place de parent

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Pédagogie sur-mesure adaptées aux décrocheurs scolaires

La question de la parentalité : un des points névralgiques de notre société. Tout se dit. Tout -ou presque- se fait. Tout se juge. Tout se construit. Tout se détricote. Tout se pense. Tout s’analyse. Tout s’intellectualise. Et bien vite, un poncif : il n’y a pas de schéma parfait, pas de parent parfait… mais quand même.

Chacun pense avoir trouvé la bonne façon de faire. Et quand “ça marche”, entendre : enfant poli, scolarité qui roule, enfant qui semble gentil, bonnes notes à l’école, enfant qui semble épanoui, pas d’absences scolaires injustifiées, enfant animé mais pas chahuteur ni irrévérencieux, il arrive que l’on puisse se sentir devenir un modèle de parentalité. Si en plus, on est labellisé “parentalité positive”, alors c’est la première place sur le podium de la réussite parentale. 

De mon très léger sarcasme au constat, il n’y a qu’un pas. Celui des parents d’ado en décrochage scolaire. Tu sais, ceux qui n’ont “pas réussi”. Et je mets des gros, très gros guillemets à cette expression. Ceux qui auraient dû lui mettre plus souvent des coups de pieds aux fesses pour qu’il y aille à sa foutue école. Bon sang de bonsoir, mais ils en ont fait quoi de leur autorité ? Non parce que hein, bon, c’est qui le parent ? C’est toi ou c’est toi ? Bon. Alors. 

Qu’il est facile de l’extérieur de pointer du doigt les failles de l’autre, les “tu aurais dû essayer de le mettre en internat, ça lui aurait mis du plomb dans la tête”, “il croit qu’il va faire la loi dans ton foyer ?” et j’en passe !

Et au passage, on est jamais à l’abri de basculer du côté obscur de la force, jusqu’à ses 12 ans, tout va bien et paf à ses 13 ans, c’est toi qui devient le parent perdu.

Parmi les nombreuses questions de parents d’ados décrocheurs, celle de la place revient en premier sur le podium. Entre ceux qui se sont pensés (et parfois l’ont factuellement été) trop absents par le passé, qui compensent et qui ont, de fait, l’impression d’avoir basculé dans la case des trop envahissants ; ceux, ou plutôt celles à qui l’on a reproché d’avoir été trop maternantes mais qui ont la sensation de ne pas savoir faire autrement, etc. cette épineuse question ne se résout pas d’un coup de baguette magique. L’ensemble est plus complexe et nuancé. C’est l’ensemble de l’écosystème qui est à prendre en compte. La flagellation n’a jamais aidé personne. Cf Silas dans Da Vinci Code.  

Quand la machine bien huilée de l’éducation se prend des bâtons dans les roues, que ton modèle familial sort de la norme, que ton ado est marginalisé : quelle en est ta place ? Quelle en est ta responsabilité ? 

Je n’ai pas de réponse, et d’ailleurs il n’y a pas de réponse absolue ou même définitive. Des parents délétères d’ado décrocheurs, j’en ai rencontré pléthore. Des parents bienveillants, faisant de leur mieux, aussi. Et pour autant, une même problématique : un enfant en zone d’inconfort, un déséquilibre familial cristallisé autour de ces difficultés et un quotidien empli d’irritants. Le tout mis en exergue par les bien-pensants d’à côté, sur le qui-vive du jugement.

Alors, parents d’ados décrocheurs : être à la marge n’est jamais une évidence, mais ce n’est ni une fatalité, ni une raison de se laisser culpabiliser par ceux qui pensent avoir eu la bonne réponse d’emblée. Tiens, c’est très français comme constat ça : la bonne réponse. Comme s’il y avait une bonne réponse à l’éducation de son enfant !

Aller, sur ce parangon de déconstruction, je te laisse et t’invite à lire nos autres articles qui peuvent peut-être, éventuellement, t’aider dans tes réflexions, ou du moins apporter une nuance à ta situation.

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.