Ils ont décroché #5, L’histoire de LC.

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LC n’a pas décroché physiquement de l’école. Fin CM2, ses parents prennent la décision de chercher une solution alternative pour l’accompagner car l’école l’abîme. Elle s’éteint, se replie, se perd. Le rythme, trop rapide, les injonctions, trop fortes, la désorganisation, un parangon de ce que l’on pourrait imaginer.

LC a une famille tout ce qu’il y a de plus “standard”. Pas de drame apparent. Pas de désamour. Pas de problème cognitif. Au contraire. LC est vive, intelligente, ses parents sont là, ils l’aiment et le lui font savoir, ils sont fiers d’elle et ne la comparent pas à sa soeur jumelle. Rien de la recette classique que l’on pourrait imaginer du décrocheur. Et pourtant LC, à tout juste 10 ans, décroche émotionnellement de l’école. Elle voudrait y arriver, être “normale”, faire ses devoirs proprement comme sa soeur, avoir des notes représentatives des heures de travail fournies. Mais rien. Le vide. Aucun résultat malgré son acharnement.

Ce qu’il faut savoir sur LC c’est que c’est une grande prématurée, avec sa soeur jumelle. Pendant plusieurs mois, la peur au ventre de ses parents de la perdre. Un développement moteur in-utero entravé. Et tout un pan de développement psychomoteur que l’on imagine facilement se mettre en marche de manière plus originale que pour tout autre enfant.

La centrifugeuse que peut-être l’école lorsque l’on ne rentre pas dans le moule avec grâce et élégance fait là tous ses ravages : détruisant pas à pas les brouillons de confiance qui essaient tant bien que mal de se construire.

J’ai eu la chance d’accompagner ce bout de femme pendant 5 ans. Je l’ai vue grandir, sa personnalité s’affirmer, ses choix se dessiner. Parfois dans la lutte, contre ses parents occasionnellement, contre elle-même, souvent. Mais toujours dans l’espoir de créer son propre chemin, sa propre définition : non pas celle d’une décrocheuse qui ne le serait pas car n’ayant jamais quitté les bancs de l’école, non pas celle d’une marginale qui aurait eu besoin d’un contexte d’apprentissage alternatif pour s’épanouir : mais celle d’une femme libre, qui se définit comme elle l’entend, sans essentialisation réductrice.

Et d’enfant en difficultés elle est passée à jeune fille se construisant sur ses particularités, désamorçant les statistiques gouvernementales qui auraient voulu qu’elle soit estampillée à vie décrocheuse à problèmes.

Bien sûr, l’histoire derrière ces quelques mots est bien plus complexe, plus subtile et nuancée. Mais tu as là l’esquisse du tableau d’un autre type de jeune dit “en décrochage scolaire”, loin, très loin des nombreux préjugés que l’on pourrait en avoir.

Pris dans ta lecture ? Ne t’arrête pas là, on parle ici de décrochage en blocs.

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.