Déconfinement et décrochage scolaire généralisé

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Pédagogie sur-mesure adaptées aux décrocheurs scolaires

L’équation qu’on attendait pas

Le décrochage scolaire, c’est un sujet dont on entend parler de temps en temps, et auquel on prête une oreille inquiète, sans vraiment s’y arrêter. Ou en tout cas pas longtemps.

C’est vrai que c’est un sujet de niche, le décrochage, et puis ça concerne pas tout le monde, c’est pas si universel.

Sauf que, si.

Le confinement a eu ça pour lui : rassembler les familles, mettre en grande proximité des élèves de tous les horizons, de tous les milieux, de tous les “niveaux”, avec leur parents. Parents à qui il a été demandé de bien vouloir s’occuper de la scolarité de leurs enfants.

Et ce que certains parents ont découvert, c’est la réalité cachée du rapport de leur enfant à l’école. C’est parfois, le non sens qu’elle avait, et parfois aussi -à la surprise générale – le constat que, sans l’obligation physique d’aller à l’école, les enfants et les ados, décrochaient.

Décrocher émotionnellement et intellectuellement de l’école, voilà bien un aspect du décrochage scolaire qu’on avait pas vu venir.

Comment est-ce que le sujet du décrochage (sujet de niche) s’est révélé être un sujet universel, qui touche toutes les classes sociales ? Comment l’expliquer ? 

Nous sur le Terrain (structure d’accompagnement pour jeunes en décrochage scolaire) on a eu des appels de parents d’ados “pas décrocheurs du tout”, désoeuvrés, face à l’inertie, le manque d’envie et le décrochage de leur enfant.

 Ce qu’on a pu identifier, c’est que les ados, livrés à eux même, et surtout à la demande expresse de trouver seul (et rapidement s’il vous plaît) : sens, autonomie, volonté, ambition et j’en passe, beaucoup d’ado ont “burnouté”.

Comme un refrain de ce que l’on trouve déjà chez les adultes. Le décrochage : un sujet de société.

Mais il y a autre chose à dire de ce confinement et de ce qu’il a fait naître. Oui, des ados ont décroché, oui des parents se sont retrouvés désemparés. Oui, mais il n’y a pas eu que ça.

Une graine a été plantée, et nous, on l’a bien vu. Tout d’un coup les parents se sont retrouvés en position de “sachants”, tenus de faire passer les connaissances théoriques, de veiller à la correction des exercices pratiques. 

Et face à cette obligation de faire passer les plats, un sujet est arrivé sur la table des familles, dans les assiettes de chacun, une question : et si, ce qui comptait, au fond, c’était pas plutôt de leur transmettre (à ces adultes de demain) un réseau de savoirs et de compétences au service du Sens ?

Et si, ce qui comptait, c’était pas juste de redonner du sens aux  apprentissages. Pour qu’ils n’y voient  plus une succession de matières esseulées et décorrélées, mais plutôt, un moyen de se connaître, d’être autonome, indépendant ? Libre ?  

Les aider à comprendre ce qui se cache derrière les programmes de l’école : des méthodes, au service de compétences, mais surtout, à leur service.

=> Et si le confinement n’avait pas tout simplement jeté un coup de frais sur l’école ? 

De toute façon, il est temps d’y penser : demain les épidémies pourront revenir, et seul face à leur visio, il faudra bien que les ados se connectent par eux même, pour eux même.

Sur le Terrain, on a une ou deux pistes : faire tomber le mythe du sachant qui sait tout mieux que google, et surtout : un peu de confiance et de lucidité dans la passation de ce que l’on sait. 

Histoire d’aérer.

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.