Process Com’ & Décrochage : le hack de l’outil

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Pédagogie sur-mesure adaptées aux décrocheurs scolaires

Aujourd’hui, j’ai envie de te parler de l’atelier parents-ados que l’on a animé. En bonne khâgneuse, j’ai fait un plan de ce que j’avais envie de te dire. Mais avant ça, j’ai hésité entre un plan chronologique et un plan thématique. Je me suis vite débarrassée de l’idée chronologique en me disant que bof, c’était pas très percutant. Alors voilà, un (j’essaierai, promis, de le faire bref) topo de notre atelier parents-ados sur la Process Com. Pour les infos pratiques, tout est ici.

En deux mots, et pour savoir de quoi on parle, la Process Com est un concept pensé pour faciliter les échanges dans le cadre de la communication managériale. Dans notre atelier, on a proposé de mettre cette approche au service de la communication parent-ado, pour le meilleur et pour le pire !

I. Pourquoi un format atelier ?

Demande à Camille, ou à, à peu près n’importe qui me connaissant un tant soit peu, je kiffe les ateliers, t’imagines pas comment. Colloques, séminaires, journées d’études : aussi passionnants que peuvent être les sujets, les intervenants etc., tous, ont en commun la passivité. Cette foutue passivité qui fait qu’à moins d’être assoiffée par les connaissances abreuvées (ou d’avoir un impératif impérieux, genre l’agrégation) je décrochais, je décroche et je décrocherai. Alors que l’atelier est une forme souple, malléable, hybride où je peux m’amuser à mélanger apport de contenu et activité actionnable.

On va pas se mentir, la concentration d’un ado, surtout si en plus tu proposes une activité en fin de journée, n’est clairement pas des plus efficaces. Et c’est ok. Mais du coup, nous on voulait un espace pour réunir parents et ados, histoire de faire notre plus belle roue aux deux profils que l’on cherche à séduire. Ok. Je m’arrête-là avec la comparaison “paonique”. Mais les parents et les ados en journée, ça travaille. Le weekend, pour l’instant, on se dit qu’ils ont d’autres choses à faire. Du coup le soir. Et puis ça nous arrange bien parce que ça nous permet de taper chez les copains des copains pour un prêt de salle cool et stylée, comme celle de chez @ToucanToco chez qui on était.

Qui dit activité donc, dit être en action, que ce soit cool et que tout le monde passe un bon moment. D’où l’idée d’ateliers. Au delà du fait que je sois amour pour ce format. Y a un peu de rationalité derrière ce choix, si si, je t’assure. Surtout pour un format où on aborde la communication. Tu la sens venir ma transition ?!

II. Pourquoi utiliser un outil du monde pro, Process Com auprès d’ados ?

C’est la partie qui a, je pense, le plus surpris, David, le fondateur de @ToucanToco qui nous a hébergées. Le hack de l’outil. La collision de deux univers qu’il semblait penser incompatibles. Je t’avouerais que j’aime bien cette idée, celle d’être à la croisée de plusieurs univers qui n’ont pas l’habitude d’échanger. C’est très présent dans l’esprit tech, cette idée de partage, de réappropriation, remaniement et adaptation. Et ça fait maintenant 11 ans que j’infuse dans ce milieu, je crois que ça a déteint 🙂

Pour faire court, je t’écrirai ce que l’on a expliqué en début d’atelier. En préambule, on a annoncé que la méthode est fausse. BAM. Ca c’est fait. L’art de trancher dans le lard et de désorienter les 8 paires d’yeux qui nous regardaient à ce moment-là. Mais en fait, c’est assez limpide, une fois que tu expliques l’idée derrière l’affirmation. Fausse, mais intéressante. Fausse parce que partielle, parce qu’elle n’est qu’un point de vue. Mais elle est pertinente parce qu’elle est une porte d’entrée sur un concept qui est à difficile à se représenter : le fait que nos fréquences de communication soient différentes.

Le principe de la Process Com est donc d’identifier la part en toi des 6 profils de personnalités qu’elle identifie (travaillomane, rebelle, rêveur, persévérant, empathique, promoteur). Les noms choisis génèrent des imaginaires qui ne sont pas forcément le reflet des composantes identifiées par Gérard Collignon !

III. Le déroulé de notre atelier

On a divisé notre atelier en 5 temps.

Le premier, évident, c’est l’intro, qui comprend notre présentation, l’objectif de l’atelier, le déroulé et l’explicitation du cadre. Très très important le cadre. C’est lui qui pose les enjeux et surtout l’état d’esprit dans lequel tu abordes les 2 prochaines heures. Nous, on voulait particulièrement insister sur le fait que chacun puisse dire MERDE à ce que l’on propose. L’idée est à l’ouverture des vannes de communication alors si dès notre cadre, on les cadenasse, c’est compliqué et pas très cohérent.

Le deuxième, mon chou des choux : l’activité brise glace. Oui parce que si tu veux 1) mettre en action ton groupe, 2) lui faire faire des choses qui potentiellement le sort de sa zone de confort et qu’il est québlo à la phase des premières rencontres / défiance / regard en chien de faïence, tu te facilites pas la tâche de l’ambiance détente ni de la participation enjaillée. Et ça tu veux pas. Parce que ton but, je te le rappelle, c’est que tout le monde passe un bon moment et reparte en ayant l’impression d’avoir appris quelques chose. Notre activité, en deux mots c’était une battle parents vs ados. Fraises tagada à la clef. Bonne marrade !

Le troisième, notre présentation des profils de Collignon. Slide + histoire. On ne voulait surtout pas répéter comme des perroquets ce que chacun peut lire et on voulait donner un côté humain aux caractéristiques énoncées. C’est la partie qui va subir la plus grande modification : trop longue et trop intense. On va alterner présentation d’un profil, en gardant l’idée de l’histoire avec un temps où chacun remplit son carnet, pour laisser le temps d’infuser et que les 15 minutes de passivité soient encore plus fractionnées. Chacun des 8 participants a reçu un livret (fait main avec amour et colle UHU ! Oui, on fait avec les moyens du bord et c’est ce qui fait notre charme fou !). 

Le quatrième, une fois que chacun a eu fini de remplir son carnet, pour lui, comme pour son accompagnant, a été pensé comme un temps d’échange. Chaque binôme s’est réparti dans l’espace, qui sur une table, qui sur un canapé, côté à côté ou face à face. Ils en ont profité pour croiser leurs regards sur leurs perceptions mutuelles. Ca a été pour nous un moment très touchant où parent et ado étaient dans l’échange léger, souriant voire rigolant des surprises découvertes ! Et il semble que pour eux aussi ça ait été un bon moment, avec comme une envie de reviens-y, on en n’a pas eu assez ! On a profité de ces moments duo pour prendre des photos polaroïd afin que chacun puisse repartir avec un souvenir du moment passé.

Enfin, le cinquième temps, un peu raccourci par la nécessité de libérer l’espace, était celui d’un apéro d’échanges informels. Bonbons et carottes ont fait bon ménage. Chacun a rempli notre ROTI (return on time invested), discuté, souri, remercié. Et, cerise sur le gâteau, chaque binôme est reparti avec un pola d’un instant d’échange volé au détour d’un clic d’appareil photo 🙂

ATELIER PARENTS-ADOSUR LE PROCESS COM
J’ai passé un moment coolJe repars inspiré.eAudrey devrait porter moins de bagues
J’ai trouvé ça trop longC’était dense et c’était coolC’était pas très clair
Camille devrait se teindre en rousseJ’ai l’impression d’avoir perdu mon tempsBien vu le temps parent-ado
Notre ROTI, présenté sur une grande feuille canson, gommettes à portée de main !

On me dit dans l’oreillette que j’approche du trop-plein de mots, sur ce, pirouette et cacahuète, je m’en vais en tapoter d’autres sur différents sujets.

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.