Défaut d’optimisme : l’histoire d’un sac à dos

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Pédagogie sur-mesure adaptées aux décrocheurs scolaires

Depuis que j’ai mis mes deux pieds dans le monde de l’éducation, et surtout, que je regarde passer et penser des ados, un truc a pris en otage un morceau de mon cerveau.

Ce truc, ce “sujet”, c’est cette histoire d’optimisme et de transmission. Comprendre par là : ma théorie selon laquelle le niveau d’optimisme de l’environnement éducatif fait ou défait des nœuds essentiels dans le développement de l’adolescent.

Rien de bien nouveau là dedans, mais je ne peux pas m’empêcher de voir TOUS les jours, à quel point les parents, l’école, les enseignants, les gens dans la rue, les gens dans la télé, à la radio, dans les journaux, passent, sans même en avoir un conscience, des TONNEAUX de pessimisme et de négativité aux enfants, aux ados.

Ce presque réflexe : le non en premier, la vision du “contre”, la recherche de “dangers/mauvais côtés/risques” dans tout ce qui est verbalisé, tenté, expérimenté par la jeunesse. 

lI me manque trop de données pour estimer depuis combien de temps et de générations les français transmettent en priorité de la lourdeur et du drama à leurs enfants ; n’empêche que : il est temps d’arrêter. Et d’arrêter vite, si vous voulez mon avis.

Parce que cette jeunesse-là, ce n’est pas la vôtre, et ce n’est pas n’importe laquelle : c’est celle des réseaux, des infos en continu, des crises écologiques à ciel ouvert, des discriminations et des injustices qui se crient directement dans leurs oreilles, qui s’exposent là, sous leurs yeux, en direct.

Cette génération à venir, elle est sur-stimulée par la réalité d’un monde froid, et ce, toutes les minutes de toutes les heures de sa vie. Rien de moins.

Cette génération, elle sait déjà tout le travail de reconstruction qui l’attend. Cette génération est presque déjà fatiguée. D’aucuns diraient “elle a grandi trop vite”.

J’ignore si elle a grandi trop vite, je sais juste qu’elle en a, du potentiel, de la force, de l’intelligence.

Elle en a tellement qu’il serait opportun de ne pas lui couper l’herbe sous le pied de la volonté, de l’action, du rêve, de l’espoir.

Nos mots “d’adultes”, nos lourdeurs, nous devons apprendre à les ravaler, à les éteindre en nous, à les déconstruire. Nous le devons à ceux qui viennent, à ceux qui portent déjà le poids de conséquences de choix qu’ils n’ont pas fait.

L’éducation, ce n’est pas quelque chose qui se commence à la naissance et s’arrête à 18 ans, l’éducation, c’est pour tout le monde, tout le temps, et toute la vie.

Les efforts d’apprentissage et de travail sur eux que nous attendons des ados, nous nous les devons avant tout à nous même.

Soyons leurs alliés, soutenons-les, félicitons-les, autant dans leurs expérimentations, leurs tests, leurs errances, que dans leurs choix. 

Soyons optimistes. Passons des sacs à dos vides, pour que leur course soit légère.

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Le mot des fondatrices

Salut !

Nous, c’est Audrey & Camille. Après avoir accompagné des ados en décrochage scolaire dans une école, on s’est lancées dans l’aventure d’entreprendre dans l’éducation.

On sort du sujet de l’académique pour réfléchir à comment remettre du sens au coeur de l’apprentissage afin qu’il soit à nouveau perçu comme utile par des générations qui transcendent l’accès à la connaissance tel qu’on a pu le connaître.